Madagascar face au VIH-Sida : Une lutte toujours essentielle
Les défis persistent, mais l’espoir aussi...
Une mobilisation nationale au cœur de la santé publique
La Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida, célébrée le 1ᵉʳ décembre, a une nouvelle fois rappelé l’importance de renforcer la prévention et l’accès aux soins à Madagascar. Cet événement, marqué officiellement ce 1ᵉʳ décembre 2025 à Itaosy – Kaominina Bemasoandro, a réuni acteurs de la santé, autorités publiques et organisations locales autour d’un même objectif : informer, protéger et briser les tabous qui entretiennent la propagation du virus. Le thème retenu cette année, « Mioitra amin’ny sakana, mampahomby ny paikady iadiana amin’ny VIH/SIDA », met en lumière la nécessité de dépasser les obstacles persistants : la désinformation, la peur, l’exclusion sociale et la faible proportion de dépistage.
Madagascar compte aujourd’hui environ 90 000 personnes vivant avec le VIH, selon les dernières estimations du ministère de la Santé publique. Pourtant, à peine 32 000 sont officiellement dépistées. Cela signifie que plus de 58 000 personnes portent le virus sans le savoir, constituant un risque majeur de transmission à travers tout le pays. Cette réalité montre à quel point la sensibilisation, le dépistage précoce et l’accès aux traitements doivent être renforcés. Les données montrent également que les nouvelles infections touchent principalement les jeunes adultes âgés de 20 à 49 ans, un segment central de la population active. Cette tendance alarmante rappelle que les efforts doivent cibler les jeunes, là où risques, vulnérabilités et manque d’information s’entrecroisent.
Le dépistage, la prévention et les traitements restent gratuits
Les interventions menées cette année ont toutes insisté sur un message fondamental : le VIH peut être contrôlé, et vivre avec le virus n’empêche pas d’avoir une vie normale. Le traitement antirétroviral, disponible gratuitement à Madagascar, permet aujourd’hui de réduire la charge virale au point de rendre la transmission extrêmement faible, voire nulle lorsque la prise du traitement est régulière. Le ministère de la Santé a rappelé que les médicaments, les consultations et le suivi médical sont accessibles gratuitement dans les centres spécialisés.
La Journée du 1ᵉʳ décembre a également permis d’offrir aux citoyens des services de dépistage rapide, des conseils personnalisés, des informations sur la prévention, ainsi que d’autres prestations de santé gratuites. Ces actions visent à encourager la population à franchir le pas du dépistage, souvent freiné par la peur, les préjugés ou le manque de connaissance. Pourtant, savoir son statut reste l’étape la plus importante pour se protéger et protéger les autres.
Une responsabilité collective pour un meilleur avenir
Malgré les progrès accomplis ces dernières années, Madagascar doit encore faire face aux stigmatisations liées au VIH/Sida. Le rejet social, la honte ou les fausses croyances continuent d’empêcher certaines personnes de se faire dépister ou de suivre correctement leur traitement. C’est pourquoi cette journée mondiale met un accent particulier sur la lutte contre la discrimination. Plus la population sera informée, moins les personnes porteuses du virus seront marginalisées, et plus l’accès aux soins deviendra naturel.
La mobilisation du 1ᵉʳ décembre a rappelé que la lutte contre le VIH/Sida n’appartient pas uniquement au secteur de la santé. C’est une mission qui concerne toute la société : familles, écoles, associations, communautés religieuses, jeunes leaders, institutions publiques et privées.
Nina RALAMBOARISON, Nicky IGNACE
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